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Jouer Bridge : portraits d’Anne Rouanet-Labé et d’Anne-Laure Huberschwiller

 

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Deux étoiles montantes

Article extrait du magazine Jouer Bridge n°125 (juin – juillet 2016).

Les efforts de popularisation du bridge vers un public jeune produisent leurs effets depuis quelques années. De jeunes champions et championnes émergent. Portraits de deux d’entre elles.

Parfois, quand une génération brille dans un sport, le passage de témoin est difficile. Au bridge féminin, où la France tient depuis de nombreuses années une place élevée au niveau international, il ne devrait pourtant pas y avoir de souci à se faire. Jouer Bridge vous propose le portrait de deux des talents qui devraient assurer la relève.

Anne Rouanet-Labé : la science et le bridge

RouanetBessis
Anne avec Thomas Bessis, après leur victoire au tournoi IMP de Juan.

Concilier le bridge et les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques n’est en général pas très bon pour la réussite aux concours. C’est donc après avoir intégré la prestigieuse École Polytechnique qu’Anne Rouanet-Labé s’est totalement plongée dans notre jeu, qui faisait pourtant partie de son environnement quotidien puisqu’elle accompagnait régulièrement ses parents, adeptes de la compétition, dans leurs déplacements bridgesques. Pourtant, plusieurs années auparavant, connaissant son talent pour retenir les notions les plus difficiles, sa mère (Michèle Rouanet-Labé, avec qui elle joue maintenant en open) lui avait confié 100 pages de documents d’initiation : en vain.

En revanche, une fois rentrée à l’École, quand sa mère lui a proposé de lui apprendre elle-même le jeu, Anne s’est totalement impliquée, au point de déclarer aujourd’hui : « Je n’ai fait que cela à l’X, dont j’ai d’ailleurs animé le club, le binet bridge ». Cela ne l’a pas empêchée de se spécialiser en mathématiques appliquées à l’école supérieure d’aéronautique de Toulouse (Sup Aéro) où elle est allée étudier en sortant de Polytechnique.
Aujourd’hui, Anne travaille depuis un an et demi chez Thalès, dans un département de recherche et développement où elle combine maths et sciences physiques au sein du programme EGNOS, dont l’objectif est d’améliorer la précision des GPS, en particulier pour permettre aux avions d’atterrir sans pilote. Elle en est très heureuse et, si le bridge compte beaucoup pour elle, elle n’a pas l’intention d’en faire sa profession.

Comme elle vient d’avoir 25 ans en mai, c’est sa dernière année junior et elle a réussi à se qualifier pour l’équipe de France junior qui disputera les championnats d’Europe en août à Salsomaggiore, en Italie. Avec son partenaire, le très jeune Colin Deheeger (21 ans), elle s’entraîne régulièrement, malgré l’éloignement géographique, mais l’Internet a bien des avantages en ce domaine.

Elle avoue « avoir eu beaucoup de chance pour ce qui est de ses partenariats ». Le début de cette chance ? Jean-Christophe Quantin, qui l’a contactée pour le 4 mixte. Ils se sont entraînés à distance grâce à BBO, et sont parvenus tout de suite en finale nationale. En mixte par paires, c’est avec une autre vedette, Philippe Cronier, qu’elle a été championne de France. Et de s’émerveiller également sur son partenariat du tournoi IMP du festival de Juan-les-Pins, un tournoi qu’elle a remporté avec la star actuelle du bridge français, Thomas Bessis. Elle a gagné, il y a quelques années, les championnats d’Europe en girls avec une autre partenaire qu’elle qualifie de « super et adorable », Anne-Laure Huberschwiller, justement le deuxième élément du binôme auquel Jouer Bridge s’intéresse ce mois-ci.

RombautL’œil de Jérôme Rombaut

Il a été capitaine des équipes de France auxquelles elles participaient. Jérôme Rombaut est bien placé pour donner son avis sur les deux jeunes filles.

« Anne Rouanet-Labé a intégré l’équipe girls pour une seule année, avec à la clef un titre européen et une moyenne record. Elle a montré un très fort potentiel : c’est une battante à la table et elle sait ce qu’elle veut. Humainement, elle est assez exceptionnelle avec un positivisme à toutes épreuves. Je ne garderai comme point négatif que son départ de l’équipe.

Anne-Laure Huberschwiller a été la taulière de l’équipe Girls pendant plusieurs années. Elle a montré des qualités incroyables et l’équipe de France open lui tend les bras. J’ai surtout été impressionné par sa technique à l’enchère, sa façon de bien faire jouer ses partenaires et sa faculté de concentration. Humainement, elle est très agréable et elle a l’honnêteté de dire toujours ce qu’elle pense, aussi bien quand ça ne va pas que quand tout va bien. »

Anne-Laure Huberschwiller : un caractère bien trempé

AnneLaureOn pourrait croire qu’il n’y a pas d’auspices plus favorables pour devenir une (très) bonne joueuse de bridge que de naître dans la famille Tartarin. Les parents, Jean-Jacques et AnneLise, sont des passionnés de notre jeu, compétiteurs connus classés en 1ère série Pique. Pourtant, les enfants font de la résistance. Les deux aînées « ne veulent pas entendre parler de bridge » et le garçon Arnaud, n’a accepté que récemment de s’y aventurer. Seule la cadette, Anne-Laure, a creusé son sillon. Ce ne fut d’ailleurs pas si évident au départ. Petite, elle était plutôt réticente à « apprendre par cœur » un système d’enchères et allait dans des colos bridge en traînant des pieds.

C’est finalement au Quai des jeunes bridgeurs, où l’ont envoyée ses parents, qu’elle a enfin été séduite par le bridge, notamment « grâce à France Fiastre et Nicolas Lhuissier », dit-elle. Découvrant un « jeu de cartes aux possibilités illimitées », elle a commencé à y progresser de manière foudroyante, intégrant l’équipe de France des girls et glanant au sein de celle-ci deux titres européens, en 2013 à Wroclaw en Pologne (avec Anne Rouanet-Labé), en 2015 à Trömse en Norvège et, au milieu, un titre de championne du monde à Istanbul en Turquie. Une belle collection ! Un palmarès enviable alors qu’elle n’est âgée que de 26 ans ! Elle a changé de partenaire car ses relations avec Anne se sont refroidies, mais elle reconnaît que « c’est la meilleure pour mettre de l’ambiance ! ». Désormais, c’est Jennifer Mourgues avec qui elle poursuit sa carrière.

Anne-Laure avait entamé des études d’économie et de gestion, ou encore d’ergothérapie. Mais c’est le bridge qui l’a finalement emporté et, comme elle s’est découvert des qualités de pédagogue, la compétitrice a décidé de se consacrer à l’enseignement de la discipline. Entre-temps, elle a fait la connaissance de Matthias Huberschwiller (jeune enseignant lui même et nouveau collaborateur de Jouer Bridge), avec lequel elle s’est mariée. Elle pense pouvoir concilier une carrière d’enseignante et de championne de bridge avec une vie familiale épanouie. La jeune femme est déterminée, claire dans ses ambitions et désireuse de tracer son chemin.

Que peut-on lui souhaiter de mieux qu’une pleine et entière réussite dans tous les domaines ?

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Pichol
Pichol

Mon reabonnement n a pas pu se faire n raison du renouvellement de ma carte visa mais j ai donnes en stocks non jouees je vais epuiser celle ci avant de renouveler mon abonnement
R.pichol