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Corsica Raid Aventure : L’épopée sportive de Jérôme Rombaut 2/2

Pour une fois Jérôme ne va pas vous faire vivre une aventure bridgesque mais une épopée sportive. Retrouvez la deuxième partie du journal de bord du Corsica Raid Aventure de notre champion et partagez son quotidien riche en émotions, rencontres, risques et dangers…

Si vous avez manqué la première partie, cliquez ici.


5 juin 2019 : journée sous haute tension au Corsica Raid Aventure

Nous avons fini très éprouvés après la quatrième étape, je m’étais tordu une cheville fortement, l’autre un petit peu, et mon cousin Etienne avait une douleur datant de la préparation à un ménisque qui était revenue.

Nous avons donc choisi de ne pas faire la première épreuve du mercredi matin, un trail de 10 km qui était en descente.

L’épreuve paraissait facile : départ à 820m et une arrivée à 120m avec seulement 10km, sauf que les organisateurs nous avaient dit de ne pas attendre les premiers tout de suite et effectivement ils ont mis plus de deux heures !

L’avantage de ce Corsica Raid Aventure est qu’il est à la carte, on peut zapper certaines épreuves (volontairement ou à cause des barrières horaires) et se rattraper en performant sur les autres. Une épreuve ratée et on se retrouve avec le temps du dernier + 50% (si il met 3H, on est crédité de 4H30).

Nous repartons donc avec les premiers pour l’épreuve suivante, celle que j’ai finalement préférée de tout le raid : descendre une rivière de 3km le plus vite possible. Enchaînement de courses, de sauts d’un rocher à l’autre, de nage, de plongeons, le tout comme d’habitude dans un cadre superbe et sous le soleil ! Génialissime !

Ensuite, on continue avec une longue épreuve de kayak (16 km), suivi de 5km de coastering (parcours le long de la mer en escaladant les falaises, les rochers, en trempant les pieds dans l’eau …). Enfin en arrivant sur la page nous repartons pour 2km de nage en mer.

Outre les difficultés physiques, s’ajoutent les problèmes d’alimentation et de logistique. A peine, une épreuve finie, on doit se changer, s’alimenter, transférer notre sac de survie (à avoir en permanence avec soi comprenant réchaud, briquet, bonnet, polaires, pantalon coupe-vent …) et nous changer pour l’épreuve suivante.

Avant de repartir pour la natation, je décide de ne pas emmener mon téléphone, je ne le mets donc pas dans sa poche étanche et j’oublie de l’enlever de mon sac à dos. D’ailleurs j’oublie même d’attacher le sac à dos à ma ceinture et je suis donc revenu le chercher après quelques mètres alors qu’Étienne s’époumonait à m’appeler.

Pour cette épreuve de natation, je repars avec mon autre cousin Laurent qui est un spécialiste des nages en mer : il a déjà fait plusieurs épreuves de plus de 7km avec sa femme Eve.

Pourtant au bout de quelques centaines de mètres, il me semble l’entendre m’appeler, pourtant en me retournant à droite et à gauche je ne vois que des nageurs concentrés sur leur nage. Pourtant je l’entends de nouveau, je me retourne alors et je le vois qui est à la surface et qui ne nage plus, je fais donc demi-tour. Il m’explique qu’il ne sent pas bien, qu’il se sent oppressé. Sachant que mon cousin est asthmatique, et ayant déjà eu ces sensations lors de mes premiers triathlons, je lui ouvre la fermeture éclair de sa combinaison et nous attendons quelques minutes pour qu’il récupère.

J’en profite pour attacher son sac à dos à ma ceinture et je l’attache aussi à la mienne ! Me voilà parti en nageant avec les deux sacs à dos plus mon cousin !

Nous arrivons enfin à la première bouée, située près d’un rocher et mon cousin s’y assied pour se reposer. Il ne va pas mieux, il respire mal et se sent toujours oppressé. Il enlève complètement sa combinaison et se pose de longues minutes pour se reposer. Un kayak de l’organisation est à côté de nous et surveille tout ça :

« ça va ?
– oui oui on gère ! »

Mon cousin commence à se rhabiller pour repartir, je lui dis plutôt de repartir sans le haut de sa combinaison (l’eau est chaude 20°).

Finalement notre sauveuse nous demande si on veut appeler le médecin. « Non non ça va . »
Mais on finit par se laisser convaincre, le bateau n’est pas loin.

Anne nous fait monter sur le bateau, Laurent me dit :
« Ne t’inquiète pas tout va bien ! »
Mais à peine commence-t-elle à l’ausculter (poumons)  qu’elle lance aux autres membres du bateau : « oxygène ! » (Ils sortent la bouteille et lui mettent un masque pour le faire respirer). 
Pourtant mon cousin me dit toujours qu’il se sent bien.
Elle regarde ses oreilles et lance « Perfusion ! ».

C’est impressionnant.

Nous filons vers l’arrivée où Laurent sera tout de suite monitoré et chouchouté par les médecins du raid très professionnels.

Il continue à nous dire que tout va bien mais il partira quand même en hélicoptère rejoindre l’hôpital d’Ajaccio.

Bilan : un œdème pulmonaire d’immersion qui heureusement traité à temps n’est pas dangereux. (Heureusement que nous ne sommes pas repartis !)

Je m’aperçois à ce moment même que j’ai perdu mon téléphone pendant la nage et je retourne donc sur l’épreuve ! Malheureusement il n’est pas au départ et après 45 minutes de recherche, je me résous à abandonner quand je le retrouve là, 4-5m plus bas. Il sera resté plus de deux heures dans l’eau et ne répond plus !

D’où le retard pour ce compte-rendu !

Malgré la fatigue (comme tous les autres raideurs), et les petits bobos, nous décidons de repartir pour la dernière étape, notre cousin se sentant mieux. Il nous rejoindra pour la dernière étape et l’arrivée…


6 juin 2019 : Un dernier jour chargé

Dernier jour, nous commençons par l’épreuve de Canyoning, des sauts, des rappels dans les falaises avec la cascade qui se déverse, tout est superbe sauf qu’une fois la descente terminée, nous devons remonter une falaise.

Ensuite ce sera l’ascension d’une petite montagne pour rejoindre Piana, puis une épreuve de VTT dans les hauteurs de Piana, des descentes techniques avec en toile de fond des paysages idylliques. Nous commençons à trouver nos marques de VTTistes, nous savourons donc tout particulièrement cette épreuve (comme on dit c’est en forgeant qu’on devient forgeron), d’ailleurs une seule chute pour moi mais à pleine vitesse, une ornière dans un virage en fin de descente. (Vite oubliée pour se concentrer sur la descente suivante.)

Le VTT terminé, nous retrouvons Stéphane qui nous avoue avoir repéré une pizzeria sur la plage et qu’il rêve d’un véritable repas ! Les épreuves de Kayaks sont annulées car la mer est trop forte. Elles seront remplacées par 3 épreuves de coastering, nous pourrions nous attabler mais c’est le dernier jour, pas encore le moment de s’arrêter !

Nous choisissons de ne faire que la 2ème et la 3ème épreuves. Mais en arrivant au départ de la deuxième épreuve, on nous apprend que les 2 premières étaient liées, un mal pour un bien ! Nous voilà avec deux heures de repos.

Nous pourrons ainsi profiter de l’arrivée de mes parents, du retour de Laurent en pleine forme et surtout, Stéphane aura sa pizza !

C’est déjà l’heure de la dernière étape. Rechargés par cette pause, nous décidons de la faire à fond par rapport à l’énergie qu’il nous reste. On rigole avec Étienne car nous voilà en train de courir sur les rochers, exactement ce qu’on dit systématiquement à nos enfants de ne pas faire !

Je me rappelle aussi de deux passages difficiles : une fois nous choisissons de passer par la mer en nageant, une autre fois nous essayons de passer côté maquis, mauvais choix, nous rebroussons chemin après 5 minutes les jambes en sang des griffures de ronces, ce sera un peu d’escalade à la place.

Nous ne nous en sortons pas si mal, 8eme de l’étape mais au Corsica Raid ce n’est pas le classement qu’on retient : simplement cette joie brute d’être allés au bout de ce raid, de nous-mêmes surtout, et le bonheur de se jeter dans nos bras à l’arrivée puis dans la mer ! On l’a fait ! Le Corsica Raid Aventure, c’est fini…


Epilogue

Que retenir… Beaucoup de solidarité, de rencontres, de sourires, d’entraide, une organisation vraiment professionnelle, je garderai en tête l’équipe d’Arras (phénoménale dans l’effort et la gentillesse), l’équipe des expatriés (nos voisins de camping), l’équipe des jaunes avec la belle lune que nous avons (rarement) réussi à suivre…

Après 15 jours, on ne se souvient déjà plus de la difficulté et on revoit défiler tous ces instants de joie dans l’effort et ces paysages magiques et on songe à se réinscrire pour 2020…

Corsica Raid Aventure Funbridge

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